en écoute : Elista – Tout ce qui me retienne (ta main dans la mienne) / And One – Blue Monday

Tout ce qui me retienne, c’est pas d’être ftm

Si être trans génère souvent un problème d’image et de confiance en soi, il se peut que la tendance s’inverse quand on entame une transition. C’est assez curieux comme changement en soit, quand on n’a pas l’habitude de s’autoriser à faire des choix pour soi. Quand les gens ont tendance à associer malheur et transidentité, j’ai envie de les secouer. Bien sûr qu’il y en a, et pas sûr quand on veut des choses impossible (= être bio) d’aller mieux un jour. Et puis il y a les autres, et je me demandais au départ si j’atteindrais cet état de paix. Là je suis plutôt zen. Je suis toujours dépressif, mais j’arrive à prendre plus de recul sur les choses, ce qui est déjà pas si mal, et à faire le point sur ce qu’il me faut réellement.

Je me suis engagé dans des trucs un peu fous, genre un atelier avec spectacle. Quand j’étais au collège je faisais partie d’une chorale et ça reste une de mes bouées de sauvetage. A défaut d’autre chose, je chante dans ma voiture ou autre. Et j’ai déjà écrit des textes, même si pas assez à mon goût. Je ne sais pas encore jouer d’un instrument, même s’il faudra que je m’y remette sérieusement. En attendant, c’est une bonne alternative. J’étais un peu mort de trouille mais j’ai présenté un texte et c’est passé, le prof avait l’air de trouver ça correct, il ne m’a pas demandé de le modifier, ce qui est cool. Ca me donne vraiment envie de remonter ce projet que j’ai en tête depuis perpète. Et en attendant, ça fait une nouvelle expérience.

Pour le reste, j’en suis dans le plan « transformation de ma vie ». Pour le coup, je n’y suis pas allé de main morte, vu que je vais partir de mon pays pour un an complet, au moins. Je n’avais absolument pas planifié ça au début de l’année. C’est venu à cause d’une discussion rapide avec quelqu’un qui m’a poussé à partir. Ca s’est vite enchaîné et, finalement, je m’étais fait à l’idée quand la première méthode s’est avérée impossible pour moi. Je me suis alors renseigné et je vais partir pour un an dans une zone pas spécialement transfriendly, mais dans un environnement officiellement pas hostile. Nous verrons bien.

J’ai un « prénom de mec », officiellement

Ce départ m’a obligé à me bouger un peu les fesses pour mes papiers. Entre deux j’étais en mode queer, et drama, en mode « je ne sais plus si je veux mon CEC d’abooooooord ». Rapport au fait que je me sens à l’aise dans ma marge. J’ai quasiment fait un coming-out à celui-qui-le-savait-déjà, entre les lignes, et sa non-surprise me confirme un peu plus qu’il était au courant, qu’il l’ait compris ou appris, et sans doute les deux. Sa réflexion à un moment sur le coming-out m’avait fait me demander ce que je voulais. Ne parvenant pas à trancher pour le CEC, j’ai en tout cas décidé de changer mon prénom, car là-dessus je n’avais aucun doute.

Une fois que ça a été possible et une fois que je me suis décidé, j’ai fait une petite visite à l’état civil de ma mairie de naissance / domicile (disons que je me suis arrangé), mon dossier de changement de prénom pour motif de « transsexualisme » (sérieusement, « transsexualisme », so 1966) sous le bras. Ca a été rapide, réglé dans la journée. J’ai reçu le courrier une semaine après avec la modification, l’acte de naissance complet modifié. Je déteste l’administratif, mais là je m’engage vers plein de fun pour tout faire modifier haha (et là ce site m’aide à nouveau beaucoup). Adulting, they said.

 

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