Je n’ai pas écrit ici depuis fin septembre, et je n’avais pas particulièrement fait le point sur mon parcours. Les choses se sont accéléré, aussi bien pour ma transition que pour le reste. Ajoutons à cela des chocs successifs, des deuils, et vous aurez l’équation parfaite pour une bonne petite angoisse généralisée.

Etre ftm, c’est rien à côté des ironies de la vie

 

Ces dernières semaines, je les ai passées avec une humeur en dents de scies, et des nerfs mis à rude épreuve.

Et j’écoute un de mes petits plaisirs fétiches, le live Under A Blood Red Sky de U2, parce qu’on ne se refait pas et parce que c’étaient de putains de chansons quand même (on parlait de U2 sur le mur d’un réseau social hier et ça fait du bien de croiser d’autres gens pour qui le paradoxe est toujours un art d’être).

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J’ai passé mon temps à accumuler des grosses daubes et à voir une réparation dans les jours qui suivaient, ou au moins les semaines. Entre autres choses, et pour le plus récent, j’ai perdu mon chaton le plus âgé, ma petite poulette de 3 ans qui était une sorte de vieille aigrie fantastique et trop choute, et j’ai bien peur de n’avoir pas été assez attentif (mais c’est quoi, être attentif ?). J’ai perdu mon travail, ou plus exactement on a convenu d’un départ que je n’ai pas souhaité, mais j’en suis arrivé à un stade où j’hallucine encore, j’ai pas envie d’en dire plus ici mais c’est juste hallucinant. J’ai perdu des gens, que je connaissais plus ou moins bien. Les attentats du 13 novembre ont achevé de me placer dans un état d’angoisse absolue, où j’étais déjà bien engagé. Depuis j’ai juste hâte de me faire opérer, de faire saute-mouton au-dessus du 9 décembre et d’accéder à l’après. Dire que j’angoisse est un faible mot, et je me pensais pas angoisser autant.

Reconstruire encore et toujours

Et la vie, c’est bien cela : panser les plaies, construire par-dessus, se donner l’illusion d’un avenir et faire comme si. J’ai eu pas mal de rendez-vous médicaux et j’ai presque tout fait, il y a des choses que je reprendrai plus tard, quand j’aurai que ça à foutre de mes journées. J’ai paré à l’essentiel.

J’ai avancé au rangement grâce à O. (pas la pouffiasse du mauvais bouquin mais un gars). Genre fort avancé, genre pas déménagé car ça n’a pas été possible et que j’en suis toujours au stade où j’imagine le lieu où je construirai autre chose, tout en espérant que le Front National ne prenne pas d’emprise sur mes terres, bordel de cul, la notion incluant l’espace culturel riche mais menacé dans lequel je baigne. Je dors dans un grand lit ; j’ai dormi beaucoup et j’ai besoin d’encore plus de sommeil, je crois que mon corps tente de rattraper le retard de presque trente ans de sommeil agité – c’est pas gagné.

Recoil

J33-3 – et une chanson à laquelle je tiens

Ce qu’amène la transition, qui m’a un peu surpris c’est notamment un recul sur les choses, doublé d’un recul amené par la situation sociale en général, dû aux attentats et à la situation au travail de plusieurs amis. Côté famille, ça ressemble à une blague en partie… J’ai reçu un mail comportant un encart sur les associations LGBT complètement orienté Manif Pour Tous, au contenu complètement fantaisiste et 100% rempli de connerie. Ca va loin, très loin et j’en suis arrivé à un point de peine pour eux où ça me fait rire. Ca ressemblerait à une bonne blague si ce n’était pas authentique. A ce stade, mieux vaut en rire. A Noël je ne verrai donc que la partie la plus jeune de ma famille. Ca sera peut-être un vrai Noël, qui sait.

Prochaine étape : l’opération, semaine prochaine.

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