MK Ultra illustre bien ma problématique actuelle.

A l’origine on a une chanson, US Government. A l’époque, le groupe Black Rebel Motorcycle Club travaille encore avec son futur ex-batteur, Nick. Et puis plus tard sort un ensemble de chansons, les American X sessions. On trouve dessus un ovni, enregistré sur le tard, MK Ultra, du nom du projet américain. Il s’agit d’une réécriture, qui sonne totalement différemment. Pour moi, c’est clairement la même en mieux. Il y a dedans un travail délicat sur la mélodie, le mélange des voix, c’est une splendeur. En ce moment je me dis ça souvent « ça sera le même en mieux« . Je veux dire à la base j’aime ma vie. J’ai des raisons de me plaindre parfois, mais ce sont de petites raisons. J’ai un peu une santé pourrie, mais je suis né et vis en France, je n’ai jamais eu de trop gros problèmes autres que psychologiques et, même s’ils sont gratinés, ça pourrait être pire. Régulièrement je pense juste à cela, que j’aime la vie, que j’aime cette chance, que la vie est un cadeau (big up Jarod). Que là je ne fais qu’améliorer pour aller mieux, pour que mon équilibre psychologique soit en meilleur état, même si ce n’est qu’une partie.

I’ve been waiting for the sun to come, lead me through the gates of Rome

Après des mois (février-juin), j’ai revu mon paternel et ma belle-mère et ça n’a pas été une partie de plaisir. Ils rejettent tout en bloc, ne comprennent pas, nient mon ressenti, nient le ressenti passé, trouvent ça stupide et mettent en avant le fait que ça n’a pas l’air d’aller mieux, comme si la dépression pouvait se guérir avec cela. Cela n’a rien à voir, c’est juste une partie du problème. Comme c’est quand même une partie vraiment importante, j’ai décidé de la prendre en main, de manière à aller mieux, gagner en confiance et donc travailler le reste. Rome ne s’est pas construit en un jour. J’ai des soucis, plus ou moins importants, la plupart découlant de mon enfance et adolescence comme beaucoup de gens. J’ai la chance de pouvoir m’auto-psychanalyser seul et d’aller plus ou moins vite, ça se fait assez bien même si on a toujours besoin de temps pour cela. Je connais plutôt bien mes faiblesses, je sais à peu près comment faire pour m’en sortir avec, même si je n’ai pas toujours cette force. Il me manque surtout la force, parce que la dépression est comme une succession d’escalier : on voit parfois le haut, on sait quel chemin prendre, mais la montée est compliquée, on fait deux marches et on s’arrête déjà à bout de souffle. Je vais déménager, je me suis fixé ce but, même si c’est un ailleurs pas très éloigné. La perspective a réveillé mon instinct de survie, qui a considéré que c’était une bonne idée de construire des choses au lieu de les détruire.

Je construis donc un mieux avec les éléments que j’ai. J’ai de la chance, je le répète, à la fois parce que j’ai une bonne base, une stabilité matérielle pas négligeable même si j’ai fait des bêtises. J’ai aussi de la chance niveau rencontres. Je n’ai pas choisi n’importe quoi ni n’importe qui, mais la région n’est clairement pas la pire. Pour parler concret, j’ai effectivement vu début juin un psychiatre, assez éloigné de mon domicile. Cinq heures de route plus tard, je découvrais « en vrai » celui qui au téléphone a la voix du doubleur de Hannibal Lecter (Jean-Pierre Moulin, pour les curieux). Et j’avais mon attestation vingt-cinq minutes plus tard. Il m’a posé des questions simples. J’ai répondu des choses simples, éludant éventuellement des précisions qui, je le sais, n’ont pas de rapport avec la transidentité. On verra plus tard, je vais le revoir d’ailleurs même si géographiquement parlant ce n’est pas à côté (du coup on a visité, c’était un peu le but aussi avec ce choix). Bref, un médecin sans préjugé, compétent, à l’écoute. Un vrai médecin.

De vrais médecins

Parlant vrai médecin, j’avais rendez-vous le surlendemain avec mon endocrinologue, cette fois dans la grosse ville de mon coin. Un médecin choisi non pas au hasard mais parce qu’il a déjà suivi des mtf et quelques ftm et est donc certes en phase d’apprentissage de tout cela mais parfaitement au clair sur le fond de son métier, un vrai médecin aussi, ce qui permet de faire le point sur tout le reste, genre mon problème de positionnement, de plus en plus pénible, et puis le poids. Comme on disait, une chose à la fois. Donc voilà, première ordonnance de l’endoc et soulagement d’avoir un bon médecin sous la main. Restera à retrouver un bon généraliste.

Toujours catégorie bon médecin, je viens de prendre rendez-vous avec un chirurgien excellent, qui effectue des mammectomies sans problème, avec un CV de malade et des doigts d’or, le tout en Picardie donc pas trop loin de chez moi. Et en public, sortons donc les cotillons. Le rendez-vous est pris pour janvier, donc l’opération aura lieu quelque part en 2016, ça va. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, il n’est absolument pas contre que l’hystérectomie se fasse en même temps et rien à foutre du fameux délai de deux ans d’hormones imposé çà et là. Il l’a proposé directement à une connaissance donc pas de raison et je suis très partant. On a déjà vu passer des résultats de mammec là et c’est vraiment du très beau boulot, aussi bien que les gars de San Francisco.