Je démarre une période intéressante. Plusieurs personnes m’ont prévenu, me disant que ça va être pénible. Honnêtement, jusque là je ne trouve pas, je ne m’attendais pas à ce que les gens me genrent directement comme il faut. Je ne pensais même pas que ça soit si facile avec la plupart des gens.

La transition sociale, côté ftm

A part ma famille proche qui m’envoie un gros message de type « de toute façon t’es bon à enfermer » (sauf d’autres points sans doute mais mieux vaut tard que jamais pour se reprendre en main, n’est-ce pas), globalement mes coming-out sont très faciles. Mais genre vraiment très faciles. Je ne sais pas si les female to male sont plus acceptés que les male to female, probablement un peu mais… chais pas, la plupart des gens acceptent directement l’information donc j’hésite beaucoup moins à expliquer. C’est là que je réalise la chance que j’ai de bosser dans un milieu plutôt ouvert et de fréquenter des gens vraiment open. Ca me facilite quand même la vie. La plupart du temps, ils se reprennent, s’excusent. Aucun souci, moi-même je suis parfois obligé de me reprendre, habitudes obligent (sur les terminaisons de certains mots). Quand on a dit quelque chose pendant 28 ans (presque 29) on ne change pas comme ça en un claquement de doigts. Mes collègues font un effort un truc de dingue.

Les hormones, la vie

Lundi j’ai revu le médecin, j’étais à l’aise et c’était facile. Genre vraiment facile. Du coup on en a conclu qu’on pouvait continuer et commencer le traitement (mon frère en a conclu que je devrais voir un psy et que j’étais pas médecin, allez comprendre). Et dès le mardi, BIM. L’infirmier était assez chou, drôle et tout. Je lui ai expliqué que les premières piqûres je voulais les faire là mais après me piquer moi-même. Il était carrément d’accord et m’a donc appris à me piquer moi-même tout de suite. Androtardyl 250 une fois par mois (à mon avis ça va pas le faire, trois semaines seraient mieux mais bon on commence comme ça). Après une semaine, je vois pas encore beaucoup les effets. Un peu sur le coeur (positif pour le coup), un peu sur la voix mais à peine.

Call me Mark‘ (enfin, presque)

(Toute allusion à Melville ne saurait être fortuite) Par contre ça m’a donné l’excuse pour demander à tout le monde d’employer mon prénom et me genrer au masculin. Ca va venir petit à petit. J’ai un nouvel e-mail au bureau, j’ai des boss vraiment ouverts d’esprit, c’est sympa de leur part d’avoir proposé direct l’e-mail et tout. Sur le plan de la confiance en soi, ça aide quand même. Je sais que j’ai un passing abominable mais bon au moins certains n’attendent pas, même s’ils sont curieux (et moi donc, je ne sais même pas quelle voix j’aurai). Mes collègues me l’ont encore dit hier – et l’un de mes collègues m’a fait un cours de poignée de main, c’était rigolo, et il se comporte un peu différemment. Je mesure que les codes sociaux entre mecs sont différents, c’est rigolo. Honnêtement jusque là je le prends comme une expérience. J’ai la chance de pouvoir faire tout cela, d’être né dans un pays où c’est acceptable, où certains gens visiblement ne se prennent pas trop la tête, en tout cas dans ce sens-là.

Je suis aussi retourné au sport, deux fois. Je surprends des regards masculins et je rigole en me disant qu’ils ne savent pas que je suis un mec. Du coup ça m’énerve un peu moins que d’habitude. Je progresse un peu. Certains mouvements sont infaisables car je ne suis vraiment pas musclé. Avec la photo etc. un peu les bras, mais genre les abdominaux etc. que dalle. Ca viendra. Je ne force pas trop, je vais essayer d’y aller vraiment régulièrement, au moins deux fois par semaine, de manière à ne pas perdre la main et que les muscles se fassent petit à petit. On part de loin, je n’ai quasiment pas fait de sport en dix ans.

Prochaines étapes : suivre les mesures (il me faut un mètre de couturière, j’en ai plus) et prendre des photos et enregistrer pour bien suivre tout le processus.